À FORCE DE MESSAGES NÉGATIFS...

...la filière viticole française détruit son image...

Cet été 2026 aura été marqué, outre la succession des catastrophes environnementales, par une multiplication de prises de paroles négatives : comme si ses acteurs ne croyaient plus en lui, le vin français se délite peu à peu.

Les collectifs peinent à trouver d’autres axes de travail que le financement de la destruction de l’appareil productif : le constat de l’arrachage devient préoccupant…… sans qu’aucun résultat économique positif ne pointe à l’horizon.
Les ventes à l’export restent en berne, les prix du vrac ne s’alignent toujours pas aux coûts de production, le marché intérieur s’endort.

Alors, à titre individuel, chacun.e se sent pousser à exprimer un mal-être réel, des difficultés souvent insurmontables. Ce discours accentue le malaise, n’entraîne pas à réfléchir : oracle du malheur, pourquoi donc investir, réfléchir si l’avenir n’existe pas.

Parfois, quelques récalcitrants osent exposer des contrexemples de succès, des modèles ; dans un cas comme dans l’autre, une expérience ne fait pas une vérité générale (relire « des réussites pour les vins français #1 Languedoc, #2 Bordeaux).

De loin en loin, s’élève un débat – pour la création d’OP (organisations de producteurs), contre les réglementations sanitaires, pour une énième ligne de crédit d’urgence, mais les échéances électorales de 2027 bloquent un réel passage aux actes.

...et prend le risque d'une prophétie auto-réalisatrice.

Le risque de ce bruit de fond est triple :

-il anesthésie la filière, enfermée dans ses difficultés sans perspective. Pour celles ou ceux qui vont mal, il légitime sans analyse ni solution, leur état et la politique de réduction sans fin de l’offre ;

-pour les consommateurs qui finissent par recevoir ce message, cette anti publicité déconcerte, agace, pousse à se détourner d’un produit qu’ils plébiscitent pourtant toujours (voir le baromètre SoWine ou le succès des festivals d’été : lire l’article du Monde) ;

-il accentue le risque auto réalisateur : bien connu en sociologie, en psychologie comme en économie (voir la publication de BSI), ce phénomène voit se réaliser non ce qui est prévisible, rationnel ou factuel mais ce qui est craint (ou désirer dans le cas positif). En effet, à force de (se) répéter une prédiction, on met inconsciemment en œuvre tout ce qui est nécessaire à sa réalisation et on oublie les alternatives possibles.

Ainsi, en ne croyant pas à elle-même, la filière française du vin annonce sa perte et s’empêche de penser à un autre scénario : la perspective de dévindustrialisation pensée par Alexandre Abellan de Vitisphère en mars 2024, apparaît donc de plus en plus inéluctable.

Pourtant, il est toujours temps de mettre de l’espoir en terre et de croire à une relance. Ce ne sont pas les possibilités qui manquent, ni les moyens : la volonté passe par un compromis national, une stratégie qui pose comme première brique que oui, le vin français a un bel avenir devant lui.

Article rédigé par Fabrice Chaudier.

     

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