FAUT-IL QUE BORDEAUX CHUTE...
-8,5%, -7,3%, -19%… quelque soient la période ou le circuit considéré, les ventes en volume de Bordeaux, continuent leur chute vertigineuse. 2026 risque de casser un nouveau plancher : elles devraient sous les 3 millions d’hectolitres (25 ans après le record de 2001, deux fois plus élevé !)*.
Or, si jusqu’en 2020, les surfaces plantées de vignes sont restées assez stables, la politique volontariste de réduction de l’offre a causé ses 3 dernières années (2023-2026) la disparition de plus du quart du vignoble girondin (-26,6% soit -28 500ha) ; cette destruction représente quasi l’équivalent de la Champagne.
Sur le marché d’exportation, la valeur dévisse aussi et à rythme 50% plus rapide que les volume*. Comme dans le même temps, les cours du vrac ne se stabilisent pas et perdent à chaque campagne quelques %, tombent deux mythes :
-l’équilibre entre l’offre – la production, et les ventes présentées comme « la demande » du marché, ne tient pas ;
-le chiffre d’affaire ne compense pas la perte de part de marché volumique.
La filière ne devrait-elle pas déjà tiré leçon de ses choix ? Remettre au moins le débat sur des alternatives ?
Une corrélation à confirmer.
Le parallèle entre les courbes de surfaces et de sorties des chais paraît à la fois pertinent et contre intuitif. Il confirme les travaux de Jean-Marie Cardebat qui démontre que c’est le manque de vin (la sous production) qui fait baisser la consommation. Les reprises post-crise sont empêchées par une trop faible production.
Si Bordeaux voulait se relancer, reconquérir le terrain perdu, encore lui faudrait-il les volumes pour réaliser cette ambition : les stocks (en baisse de 2% à fin juillet 2025*) sont vus comme un problème et non l’opportunité de se fixer des objectifs ambitieux de reprise. Chaque vigneron.ne sait bien que pour commercialiser en bouteilles, il lui faut au moins une année d’avance pour couvrir les risques d’une campagne faible ou nulle (risques qui se sont multipliés et accrus sous l’effet du changement climatique).
Les questions pourraient donc être :
-Qu’est-ce qui explique la division par deux de notre mise en marché ?
-« Comment retrouver 6 millions d’hl de vente annuelle » ?
-Quels moyens mobilisés ?
Le refus d’envisager l’aval dans les missions collectives (comme trop souvent dans le métier même du producteur) révèle aujourd’hui son aspect mortifère.
*
-2001 : ventes de Bordeaux 6,1 millions d’hl ;
-export arrêté à avril 2026 : -8% en volume, -12% en valeur ;
-cours du vrac Bordeaux rouge non bio 2025-26 : 959€ (millésime 2025 -3,71% vs 2024) ;
-stocks 10 519 215hl (-2% dont 22,5% au négoce et 77,5% chez les vigneron.nes).
Source CIVB.
Article rédigé par Fabrice Chaudier.










