ENVIRONNEMENT, CRISES PROFESSIONNELLES, FAIBLE RÉCOLTE, DÉBOUCHÉS COMPLEXES...

Mégafeux, un risque nouveau témoin du bouleversement climatique.

L’incendie du Var n’a pas seulement brûlé plus de 7 000 hectares ; ce premier mégafeu français a détruit plusieurs propriétés viticoles et surtout a illustré la fragilité des écosystèmes face aux bouleversements que les changements climatiques induisent.

Comment la filière peut-elle faire face alors même qu’elle est une des premières à être touchée tant les raisins sont extrêmement sensibles aux variations de température ? Les menaces sur le profil du vin (hausse du degré, chute qualitative), la baisse des rendements voir la disparition de la possibilité de récolter s’ajoutent aux difficultés à réformer les normes, notamment pour adapter les cépages comme les modes de produire.

Des tensions dans les collectifs.

Et justement, l’été aura vu au moins trois foyers de conflits dans les structures qui encadrent la filière viticole française :

-en Languedoc Roussillon d’abord, où Conseil Interprofessionnel (CIVL) a été le lieu d’un de ces psychodrames propres aux organes représentatifs ou politiques. Un de ses acteurs (la Fédération Régionale des Metteurs en Marché Direct qui rassemble des vignerons et coopérateurs commercialisateurs) a été exclu du collège négoce par les maisons traditionnelles !
Échanges de courriers, attaque en justice, menace de quatre ODG (Organisme de défense des appellations) de ne plus cotiser au CIVL, du fait du poids de ses metteurs en marché dans les ventes,… le temps et l’énergie de tous les membres de l’interprofession vont être mobilisés pour de longs mois sur cette problématique de gouvernance.

-de façon moins conflictuelle, bien plus feutrée et comme un miroir de la situation languedocienne, les vignerons de Bergerac Duras ont eux quasiment absorbée leur interprofession : la Fédération des Vins de Bergerac Duras a pris la présidence de l’IVBD, actant une fusion qui marque la prise de pouvoir des producteurs sur le négoce !

-enfin, la filière bio a multiplié les initiatives qui tendent les relations entre institutionnels dans le but de ne pas laisser le label se dissoudre dans une agriculture bio intensive, dans une dévalorisation conventionnelle ou être dépassé par des normes plus performantes (agroforesterie, commerce équitable par exemple).

Ces évènements soulignent l’importance du moment, la tension générée par les enjeux vitaux pour les vins français.

Une récolte très basse.

D’autant que l’année 2021 s’annonce très faible en quantité (de 32,6 à 35,6 millions d’hl, soit un tiers de baisse vs 2020 et très loin de son potentiel de 50 à 55 millions d’hl) et hétérogène en qualité, suite au gel et autre pression maladies importante.

Sans volume et malgré un niveau de stock correct, les vignerons s’inquiètent de leur avenir économique ; d’autant que les ‘accidents’ millésimaires se répètent à un rythme de plus en plus serré.

Une reprise du marché qui échappe à la France ?

La sortie des confinements Covid avait laissé place à beaucoup d’espoirs quant à la reprise des ventes. Si le marché très résilient montre en effet des signes positifs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières, la France paraît en retard sur ses concurrents : à l’international, elle sous performe de près de 50% par rapport à l’ensemble de la croissance ; dans le pays, la grande distribution ne confirme pas vraiment le boom connu en 2019-20 et les relais sont rares du fait notamment d’une fréquentation touristique étrangère en retrait et du manque de dynamisme de la restauration.

Les voyants seraient-ils donc tous au rouge ?

Résumée ainsi, la situation semble bien morose ; en fait, les crises révèlent les tendances en place, les accentuent souvent jusqu’à un point critique.

Le constat se confirme : les opérateurs dynamiques avant 2019 ont maintenu leur lien aux consommateurs, se sont adaptés avec plus de facilité, ont en conséquence, trouvé des capacités de développement malgré le contexte. Ce sont les mêmes qui innovent, se diversifient et se convertissent à des pratiques incluant la protection de leur environnement, l’impact du choc climatique.
Ils maîtrisent leur démarche, posent et anticipent leur stratégie.
Les exemples de réussites individuelles n’ont peut-être donc jamais été aussi nombreux et variés.

Pour ceux qui étaient en souffrance ou à la traîne, la situation vire au dramatique. Et là, la faiblesse collective française se pose comme le véritable problème.

Multiplicité des strates, normes inadaptées car obsolètes, intérêts divergents,… absence totale de politique nationale, d’objectifs donc de bien communs, la France ne leur propose pas de solutions en dehors de quelques moyens à très court terme.

Elle se doit d’être à la hauteur de sa viticulture porteuse de richesse et de culture. Un sujet à l’ordre du jour de l’élection présidentielle de 2022 ?

Sources : OIV, Vitisphère, Réussir, L’Express, Université de Columbia, INRAE ; chiffres en cliquant ici.

                 

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