RÉALITÉ DES CHIFFRES vs SITUATIONS INDIVIDUELLES.

Un constat implacable.

Dans le débat sur la réduction de l’offre (par l’arrachage et la distillation), l’oubli de « là d’où l’on vient » oblige à sans cesse répéter quelques données chiffrées, certes implacables mais surtout indéniables :

-la France serait-elle en crise si elle avait maintenu sa part de marché volumique à l’international ? En 2000, elle pesait 20% du marché d’export ; en 2022, avec cette même proportion, elle aurait vendu près de 21,5 millions d’hectolitres, 7,5 millions de plus que son résultat.

-au premier semestre 2023, elle a encore chuté de 6,1% alors que l’Espagne et L’Italie sont stables (-0,3% et -0,4%) ; ainsi, la France poursuit une érosion continue face à deux principaux concurrents.

-le degré d’équilibre du marché ne se résume pas à l’écart production – consommation ; il intègre dans les « besoins » du marché, les alcools et vinaigres de vin (estimés à 33 millions d’hl). Ainsi, le monde manque de vin depuis 15 ans. Prendre en compte cet apparent paradoxe souligné par l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du vin) pour réfléchir à la stratégie collective, ne serait-il pas plus pertinent qu’un simple rapport offre -demande qui manifestement ne donne pas de bon résultats ?

-il manque depuis 2007, 120 millions d’hl pour équibrer le marché mondial.

-quels effets ont eu les précédentes mesures que l’on veut reproduire aujourd’hui ? Bordeaux n’a-t-il pas déjà réduit sa capacité à produire de plus de 20% depuis 2000 ? Pourquoi ce qui a échoué réussirait aujourd’hui ?

Des faits eux aussi têtus.

Ce manque de disponibilités volume ne freine-t-il pas la reprise de la consommation post-Covid ? Le marché a toujours été très vite résilient, et ses rebonds rapides.

La courbe en W de la consommation du vin.

La chute effrénée de la grande distribution ne devrait-elle pas pousser à s’intéresser aux autres circuits, à développer de la connaissance et de la données sur les cavistes ou la restauration ? Aucun panel quantitatif n’existe pourtant.

L’évolution de la consommation qui a mené les États-Unis à la première place, ne nous inciterait-elle pas à profiler avec précision les distributeurs américains aujourd’hui ignorés ? Et que dire des consommateurs ?

Penser les alternatives.

Il existe tant de sujets de prospective, de compréhension, de réflexion pour bâtir une stratégie commune basée sur des choix nouveaux, mobilisateurs et positifs. Notre pays recèle tant de compétences pour animer ce débat et aboutir à un plan d’actions.

Ce qui nous manque collectivement, c’est cette volonté de s’en sortir par le haut, de se faire confiance, de croire en notre intelligence collective pour vivre de ce que l’on produit. En lieu et place de revendications, souvent légitimes, mais court-termistes et demandeuses de subventions, d’aides toujours plus conséquentes et peu valorisantes pour les vigneron.nes.

                 

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