COMPRENDRE L’APPROCHE ÉCONOMIQUE QUI ABAT LA DÉCONSOMMATION.

Ne pas confondre baisse et transformation de la consommation.

Dans les pays historiquement consommateurs de vins, la consommation a changé en 60 ans : si le produit porte le même nom (vin), il est passé de boisson alimentaire (vin de table) quotidienne promue par les hygiénistes du 19ème siècle (pour éviter de boire une eau rare et non potable), à produit occasionnel de plaisir culturel (d’origine).

Il n’est donc pas honnête de comparer les deux situations d’autant que les producteurs ont fait (et font encore dans certains pays) des efforts considérables pour ne plus vinifier de vin de table de mauvaise qualité à gros rendements aujourd’hui invendables.

Il n’est donc pas honnête de comparer les deux situations d’autant que les producteurs ont fait (et font encore dans certains pays) des efforts considérables pour ne plus vinifier de vin de table de mauvaise qualité à gros rendements aujourd’hui invendables.

Une situation mondiale claire.

Au niveau mondial, la consommation a toujours été très sensible aux crises économiques ou conjoncturelles mais avec une résilience singulière ; les courbes en V le montrent. Après chaque crise, la consommation se relance très vite pour retrouver voire dépasser son niveau précédent.

Or ce rebond a été empêché en 2022 et depuis, par manque de volume disponible. Comme le démontre l’économétrie, c’est la sous production qui fait baisser la consommation. Cette approche macro-économique contre intuitive, prouve la fin du marché comme équilibre de l’offre et de la demande.

Depuis 2000, il manque 258,3 millions d’hl pour assurer les besoins du marché et le phénomène s’accentue (148,9 millions d’hl entre 2007 et 2024).

Le consommateur mondial « voudrait » consommer mais «  une forme de pénurie se traduit par une faible consommation car le produit n’est pas disponible » (Jean-Marie Cardebat1).

Degré d’équilibre du marché mondial 2000 – 2024

Faut-il donc laisser mourir le vin ou suivre les attentes des consommateurs ?

Accepter la mort du vin ?

Les tenants de la déconsommation, peut-être de façon inconsciente, creusent la tombe de leur marché : en déduisant de leur affirmation que la seule solution réside dans la réduction continue de l’offre (par arrachage et distillation), ils empêchent le développement de la consommation, à l’heure où jamais autant de pays dans le monde consomment du vin !

La déconsommation est bien un paradigme construit de toutes pièces, soit par ignorance ou aveuglement de la situation contextuelle, soit par volonté politique mortifère. A chacun.e de penser, voire de choisir ses choix.

 

Sources :
1Jean-Marie Cardebat, économiste, Professeur Université de Bordeaux, affilié à l’INSEEC Grande Ecole, Président de la European Association of Wine Economists
Sources principales des données :

Cette série d’articles a été co rédigée avec Roxane Chaudier, maîtresse en histoire, Université Paris Cité.
Retrouvez tout le dossier : Déconsommation, histoire d’un mythe.

      

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