METTRE DE L'ESPOIR EN TERRE.

Cultiver comme jardiner, c’est d’abord contempler, observer avant d’agir. Ouvrir les yeux face au vivant, écouter, permet de comprendre que vivre de la culture du sol vient de ce qui nous échappe : nous ne sommes pas les premiers acteurs de l’agriculture. L’eau, le temps, les animaux aussi – des vers de terre aux oiseaux, importent plus ; les connaître, d’une manière certaine, leur faire confiance, pose les bases d’une relation équilibrée avec la nature, d’un partenariat large et apaisée. Dans une parcelle, un champ, aucune place ne peut exister pour la colère, la frustration ou l’affrontement.

Le travail permet alors de bien produire dans trop intervenir : la nature sait mieux que nous et déduis infiniment plus longtemps que nous comment faire.

Le rendement vient de cette alliance, de nos savoirs ancestraux transmis et agronomiques appris, de l’action de ceux qui nous ont précédés avec la capacité, la puissance, la biodiversité de la terre.

Expérimenter affine nos savoirs comme nos résultats : cela demande du temps, un temps long pour ceux qui viennent, nous oblige a nous détacher de la performance, du profit court-termistes.

Devant les catastrophes qui se multiplient et nous environnent, le dérèglement profond du climat, céder au fatalisme de la défaite a ceci de séduisant qu’il nous laisserait alors tranquille. 

Mais puisque nous nous effondrons à cause de nos erreurs, nous pouvons aussi, toujours, nous relever ensemble.

Nous restons libres de redevenir ce que nous sommes, des paysan.nes.

Ce texte et son titre m’ont été inspirés par Pascale, jardinière et animatrice (penboch.fr).

Article rédigé par Fabrice Chaudier.

       

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