ENTRE ARRACHAGE ET DÉVINDUSTRIALISATION.

Les paysages de la crise.

En traversant le vignoble bordelais, dans le Médoc ou l’Entre-deux-Mers, on ne peut ignorer ces parcelles dénudées qui défigurent un coteau, transpercent un vallon, un palus. Ces friches, au milieu de vignes préservées, de la terre défoncée, nue, se couvrent lentement d’herbe,  saignées dans la plus vaste étendue mondiale de production viticole.

Ici ou là, on croise une pelleteuse, un tas qui fume de souches à peine arrachées… les entreprises de travaux agricoles recrutent à durée déterminée (limitée en fait) de la main d’œuvre pour détruire ce paysage – le verbe n’est pas trop fort puis que rien ne remplace ce qui est arraché.

Petit à petit, se transforme un territoire modelé par la monoculture viticole depuis une soixantaine d’années.

Et demain ?

Cette évolution concerne les grandes zones du sud de la France ; historiquement, on peut rappeler que ces agricultures furent diverses et qu’elles pourraient donc retrouver une poly production. La diversification paraît même promue pour substituer à la vigne, des fruits aux céréales.

Mais la tristesse gagne au-delà du cœur, la rationalité : pourquoi la France, à l’opposé de ses voisins italiens (relire la master classe italienne) et espagnols, ne parvient-elle pas à profiter des opportunités actuelles du marché ? Pourquoi les moyens considérables de la filière servent à casser un appareil essentiel à l’économie nationale, choix guidée par la seule émotion des situations individuelles dramatiques ?

Peut-on se soumettre à une dévindustrialisation, dont nous ne mesurerons les effets catastrophiques que dans une ou deux décennies ?

S'unir pour ne pas se résigner.

Rappelons à tous les acteurs, sans s’opposer ou se dénoncer, qu’il est possible d’envisager des solutions alternatives. D’abord parce que pour équilibrer ce que l’on s’acharne à appeler offre et demande, ce sont dix fois plus de surface qu’il faudrait arracher (217 000ha !).

Ensuite, parce que la France traverse une crise profonde, rare dans son histoire viticole, qui se fonde sur une absence de diagnostic et de stratégie collective. Et pour simplifier le propos, investir dans la reconquête de nos parts de marché perdues à l’export depuis 25 ans, n’est-il pas plus mobilisateur et positif que de poursuivre une politique mortifère ?

article rédigé par Fabrice Chaudier

source principale : Vitisphere.com la France va arracher 4% de son vignoble

       

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