...REVIENT A ARRACHER 217 000 HECTARES.

Une politique à prendre au mot.

Si en France s’impose toujours la loi de l’offre et de la demande pour le marché du vin, pourquoi ne pas suivre son raisonnement jusqu’au bout ? Tout d’abord, il convient d’en préciser les termes ; l’offre s’entend dans les discours et prises de position de la filière, comme le potentiel de production ; la demande en tant que à notre capacité à vendre.

Il faut dans ce cas, étudier l’adaptation du volume annuel sorti des chais à nos résultats commerciaux (consommation intérieure nette et ventes à l’export):

Le « besoin » de production peut se calculer en soustrayant à la consommation nette (hors importations) et aux exportations, la production ; certes, il s’agit d’une simplification statistique mais il permet de formaliser le « déséquilibre ».

En moyenne quinquennale, la France produirait donc 11,5 millions d’hl de trop.

Des conséquences vertigineuses.

Formalisons les suites logiques d’une volonté de retour à l’équilibre.

Le rendement moyen de 53hl/ha revient à réclamer la « disparition » de 216 981 hectares.

Le vignoble français tombe à 555 990 hectares, 29% de moins qu’en 2024.

Pour en arriver là, si l’on maintient l’enveloppe de 4 000€ par hectare pour financer l’arrachage, le coût budgétaire public direct serait de 867 924 528€.

Si l’on prend pour base la situation en Gironde où la perte de 10 000 ha a engendré une baisse de 15% de l’emploi (7 400 suppressions de poste), l’arrachage représenterait de 217 000ha aussi une saignée sociale (160 000 au bas mot).

Il ne faut pas avoir peur des chiffres ; ils nous renseignent sur les conséquences de nos choix à moyen et long terme. Ils obligent à élargir notre point de vue.

Un choix existentiel.

Ainsi poser le débat prend une tournure profonde qui engage plus que l’avenir, la vie même de la filière.

Il paraît donc indispensable de rappeler que les réductions volumiques (baisse des rendements ou des surfaces plantées, petite récolte) n’ont pas (ou plus) d’impact économique positif, ni sur le niveau des prix (cours du vrac), ni sur la capacité à vendre. Elles ont au contraire accentuer l’appauvrissement des vigneron.nes en réduisant de facto leur potentiel de marge et/ou de revenu.

Le choc des chiffres doit amener à une réflexion collective : comme les Espagnols et la quasi totalité de nos concurrents, il est temps de savoir ce que nous voulons vraiment. Le vin est devenu un produit globalisé, consommé dans de plus en plus de pays, qui exige une stratégie mondiale.

Alors que « la vigne n’est pas en crise » au niveau international, rien ne nous oblige à jouer ce jeu ; nous pouvons préférer garder une approche locale, produire pour nos besoins et transformer la filière ; le tout est de trancher et d’accompagner nos choix pour ne plus faire subir aux seuls producteurs le poids, le stress d’une situation non gérée.

Lire : dévindustrialisation, se taire ou agir, subir et périr ou conquérir ?

Écouter : Podcast Sudouest.fr : arracher, c’est dramatique et cela ne changera rien.

Sources : OIV et Agreste 2025.

     

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