L'AVENIR DU VIN ENTRE EN DISCUSSION.
Deux approches opposées.
Croyez-vous dans le futur du vin ?
De façon caricaturale, un face à face s’est installé dans les médias entre les tenants d’une relance et ceux d’une forme d’abandon : les premiers refusent la réduction de la production quand les seconds la considère comme un incontournable sacrifice.
Ce qui péchait dans cette opposition de points de vue, éclot petit à petit que se dissipent les effets des premières campagnes d’arrachage en France ; la situation ne change pas, le déséquilibre entre ventes et volumes mis en marché persiste, les prix ne décollent pas alors que les vigneron.nes souffrent*.
Dans ce contexte, le rapport du Sénat (à retrouver complet ou en synthèse) ou l’analyse du directeur de l’OIV se rejoignent pour analyser que « la destruction du potentiel productif de la viticulture n’est pas une politique de long terme ». Les rapporteurs sénatoriaux « ne souscrivent pas à l’idée, répandue, que l’arrachage de 100 000 ha de vignes soit une solution ».
Du côté de l’Union Européenne, le message s’est aussi clarifié : face aux positions contradictoires, elle ne financera pas l’arrachage. D’autant que l’Italie continue à planter (revoir la situation pays par pays) sous droits communautaires et que les dispositifs de restructuration (4 500€/ha pour arracher + 8 000€ pour replanter) sont toujours en vigueur, y compris en France. Comprenne qui pourra.
Croire au produit et le développer.
« Le nerf de la guerre aujourd’hui, c’est le commerce » ; Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d’Origine Contrôlées (CNAOC) et Comité National des Interprofessions des Vins (CNIV) seraient-ils en train de changer de position ?
Plutôt que de poursuivre le subventionnement massif de l’amont et d’emprunter pour détruire les surfaces et obérer l’avenir, on ne peut préconiser de réorienter l’argent disponible vers la mise en place d’une stratégie collective nationale de reconquête des marchés perdus.
Au-delà il faut souligner que les vins français dépendaient de la grande distribution qui s’est effondrée depuis 2010 au profit des circuits traditionnels (cavistes, restaurants ou GSS bio) pour lesquels in n’existe ni panels, ni budgets dédiés.
Et en parallèle de cette volonté d’investir pour redévelopper les ventes, la pris en compte d’enjeux majeurs peut aussi donner lui à subventions :
-convertir le vignoble vers plus de blancs et de bulles (ce qui réduirait provisoirement les volumes) et soutenir massivement la résilience climatique (pour sécuriser le potentiel de production) ;
-stocker et / ou distiller ;
-sauver les vigneron.nes en les aidant directement pour passer ces caps.
Schizophrénie politique ?
Dans le même temps pourtant, la Ministre de l’Agriculture annonce « 130 millions d’ € d’arrachage de vignes, 15 millions d’€ d’allégements de cotisations MSA et la prolongation des prêts de consolidation ».
Cédant aux pressions, elle replonge la France dans un flou d’injonctions contradictoires. Car nombre d’élus, de syndicats ou d’institutions croient encore en une logique d’offre et de demande qui implique une valorisation corrélée à une faible production.*
Alors n’est-il pas temps comme le propose les Sénateurs, de lancer des Assises où se débattent tous ces arguments opposés pour que s’initie un compromis, uns stratégie dont la France est le seul des grands pays exportateurs à ne pas disposer.










